LA MALADIE VEINEUSE
Les troubles circulatoires concernent environ 20 millions de Français, majoritairement les femmes (57%). La prévalence de l’insuffisance veineuse augmente avec l’âge, elle concerne 10% des femmes de moins de 20 ans et 70% des femmes de plus de 80 ans.
DÉFINITION
La maladie veineuse est due à l’altération du fonctionnement des valvules veineuses entraînant un mauvais retour du sang vers le cœur et sa stagnation au niveau des jambes. On distingue 7 stades d’évolution de la maladie veineuse (de C0 à C6), allant de la sensation de jambes lourdes à l’ulcère veineux, en passant par les varices.
CAUSES
Plusieurs facteurs favorisent l’apparition d’une maladie veineuse :
- des antécédents familiaux,
- une station debout prolongée,
- une surcharge pondérale,
- l’âge,
- le sexe féminin,
- la grossesse,
- les hormones sexuelles, la contraception orale et l’hormonothérapie de substitution lors de la ménopause,
- la chaleur,
- la sédentarité mais aussi la pratique de certains sports (course à pieds, tennis…),
- le port de vêtement trop serrés et de talons hauts…
SYMPTÔMES
En cas d’insuffisance veineuse, les symptômes les plus fréquents sont :
- les sensations de jambes lourdes et de paresthésies (picotements et fourmillements),
- les crampes musculaires,
- l’apparition de téléangiectasies,
- les œdèmes et l’augmentation du volume des chevilles,
- des troubles cutanés et une altération de la microcirculation,
- le passage des hématies au niveau cutané, entraînant une inflammation,
- l’apparition d’ulcères veineux difficiles à cicatriser.
Mais parfois les maladies veineuses ne sont signalées par aucun symptôme.
DIAGNOSTIC
La première méthode utilisée pour diagnostiquer un trouble veineux est l’examen clinique en positon debout puis allongée. Si l’insuffisance est jugée grave, un examen par Doppler couplé ou non à une échographie permet de réaliser une cartographie du système veineux.
Une radiographie du réseau veineux peut être effectuée pour confirmer ou infirmer la présence d’une thrombose et sa localisation.
TRAITEMENTS
Parce que l’insuffisance veineuse se présente sous différentes formes, plusieurs traitements sont possibles pour soigner cette pathologie :
- pour les jambes lourdes et douloureuses : utilisation de veinotoniques associés ou non au port d’une contention,
- pour les varices : traitement par des veinotoniques et par le port de contention, en association avec des phlébotropes afin de réduire les sensations de paresthésies. Des interventions comme la sclérothérapie, la chirurgie, le laser endoveineux… sont envisageables.
- pour les ulcères veineux : utilisation de soins locaux (crèmes, soins favorisant la cicatrisation) et de veinotoniques associés au port d’une contention.
PRÉVENTION ET CONSEILS À L’OFFICINE
Face aux problèmes veineux, recommandez à vos patients :
- d’éviter les stations immobiles prolongées (debout ou assis),
- de pratiquer un sport qui stimule la circulation veineuse (natation, marche, vélo…),
- de dormir en ayant les jambes surélevées,
- d’éviter de porter des vêtements trop serrés,
- de porter des bas, des chaussettes ou des bandes de contention,
- de ne pas exposer les jambes à une chaleur trop forte (épilation à la cire chaude, chauffage au sol…),
- de surveiller un éventuel surpoids responsable d’un mauvais retour veineux.
Les troubles veineux pouvant s’aggraver, il est important de conseiller aux patients d’appliquer rapidement les soins adéquats.
Maladies veineuses
Le nombre de Français touchés à des degrés divers par des problèmes veineux est estimé à 18 millions. Mais 4 millions d'entre eux ne seraient pas traités. Pourquoi ? Les signes avant-coureurs d'un trouble veineux tels que chevilles gonflées et jambes lourdes, ne sont pas pris au sérieux, si bien que les sujets concernés ne consultent pas tout de suite, attitude renforcée par l'idée reçue selon laquelle la maladie veineuse ne concerne que les plus de 50 ans. Ainsi, l'âge moyen de la première consultation est de 47 ans et lorsque la maladie est déjà bien installée. C'est hélas un mauvais calcul car à un stade avancé, les conséquences peuvent être graves, douloureuses, invalidantes, voire mortelles (phlébites, embolies pulmonaires), alors que des traitements efficaces existent.
Qui sont les personnes à risque ?
Nous ne sommes pas tous égaux face au risque de maladie veineuse. Si le risque est plus élevé chez les femmes et augmente avec l'âge, l'hérédité joue un rôle très important. Lorsque l'un des deux parents présente une maladie veineuse, leur enfant aura 25% de chance d'en être atteint aussi si c'est un garçon et 62% si c'est une fille. Si les deux parents souffrent de varices, le risque pour l'enfant s'élève à 90%.
Par ailleurs, certaines périodes de la vie sont plus à risques que d'autres : la puberté, la grossesse, la vie active, l'avancée en âge.
Certaines mesures hygiéno-diététiques peuvent contribuer à prévenir ou à ralentir l'évolution d'une maladie veineuse : éviter les positions assises ou debout prolongées, la chaleur et les expositions au soleil, marcher souvent, éviter les sports traumatisants, etc.
Concernant la puberté et la grossesse, le risque veineux est accru en raison des bouleversements hormonaux qui caractérisent ces deux périodes.
Si les varices, la lourdeur dans les jambes et les douleurs font partie des symptômes typiques chez l'adulte, d'autres symptômes se manifestent chez l'enfant.
Symptômes à repérer chez les enfants et les ados
Un parent touché par une maladie veineuse doit surveiller attentivement son enfant à la recherche de certaines attitudes évocatrices de douleurs de croissance, afin de consulter un phlébologue précocement :
L'enfant ne reste pas assis ou debout longtemps.
Inversement, les activités de type marche, course et sauts sont interrompues par des stations assises ou allongées. Ces comportements traduisent une fatigabilité en position debout caractéristique.
Il surélève régulièrement ses jambes spontanément, soulageant ainsi comme par réflexe la pesanteur de ses jambes.
Il adopte spontanément la position allongée à plat ventre pour lire, jouer, faire ses devoirs ou regarder la télé.
A noter que des varicosités peuvent déjà être visibles.
4e semaine nationale d'information et de prévention des maladies veineuses : du 2 au 6 avril 2007.
Du 2 au 6 avril 2007, la Société française de phlébologie, à l'origine de cette semaine nationale, se mobilise pour sensibiliser les Français et les inciter à consulter précocement un spécialiste. Tout au long de la semaine, des phlébologues seront à disposition du grand public pour répondre en ligne à toutes les questions posées sur le site www.infoveines.org.
26/03/2007
Isabelle Eustache
Sources :
Communiqué de presse de la Société française de phlébologie, mars 2007.
Source : e-sante.fr |